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Mémoires de Marcel Bonnet

Quelle plus belle manière de célébrer l’arrivée de l’été et l’approche des grandes vacances qu’en replongeant dans les souvenirs d’enfance de Marcel Bonnet que certains d’entre vous ont probablement bien connu lorsqu’il venait en vacances à Villeneuve d’Allier ? C’est grâce à son fils, Francis, qui nous a transmis ce récit que nous avons le plaisir de vous faire revivre la jeunesse de Marcel dans la vallée. Partez à la rencontre des figures locales, poussez la porte des commerces, asseyez-vous à la table familiale, savourez la vie d’antan… Un témoignage rare et précieux qui réveillera avec nostalgie les souvenirs de certains et l’imagination des autres. 

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Mémoires de Marcel Bonnet

Première partie

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Je suis né à Valenciennes dans le Nord de la France. Mon père y travaillait à la Compagnie du Nord des Chemins de Fer, et ma mère confectionnait des gilets d’homme pour la maison Georges Paul de la même ville.

Mon père Edouard était originaire de Villeneuve d’Allier, un village de la Haute-Loire situé sur les bords de l’Allier, dominé par un château féodal du XIe siècle, juché lui-même sur un éperon rocheux, de l’autre côté de la rivière.

Chaque année, nous allions passer nos vacances dans ce village où résidait depuis plusieurs générations ma famille paternelle.

Ma mère, retenue à Valenciennes par ses parents âgés demeurant avec nous, ne pouvait nous accompagner de ce fait.

Le voyage représentait à l’époque, dans les années 1926-1927, une véritable expédition. Nous quittions Valenciennes par le train de 16h30, en 3e classe et changions, avec nos valises bourrées de ravitaillement, à Douai. Nous reprenions le train venant de Lille pour Paris où nous arrivions vers les 19h, déjà bien fatigués, mais soutenus par la perspective de retrouver notre terre d’origine, les parents de mon père et toute leur descendance.

Poursuivant notre cavale dans les couloirs du métro, nous nous installions alors dans le train de nuit Paris-Nîmes, très peu confortable, où nous déballions le casse-croûte que ma mère nous avait préparé. Mon père, amateur de charcuterie et d’œufs durs, faisait glisser ce repas frugal à l’aide d’une chopine de vin coupé d’eau.

Le voyage ponctué d’arrêts multiples et d’annonces nasillardes des gares d’arrêts traversées, ainsi que du martèlement des coups de marteau sur les sabots des freins, nous paraissait interminable, car nous ne fermions généralement pas l’œil de la nuit.

Vers les 6h du matin, tout « embourraillés »1, nous foulions enfin le quai de Brioude où l’odeur de pin provenant de la scierie toute proche nous emplissait les narines bien agréablement.

Pour ne pas manquer le bus pour Villeneuve qui passait vers les 9h du matin devant le café Bessa, nous nous hâtions, bien que fourbus, vers la maison de l’oncle Félix et de la tante Solange qui habitaient tout en haut de la montée St Laurent où nous étions sensés y prendre le petit déjeuner.

Tous les 200 mètres, nous nous arrêtions pour souffler quelque peu, et quant à mon père, pour maugréer contre le contenu des valises que sa femme avait surchargées.

Tout au long du chemin, nous faisions l’objet de la curiosité des paysans qui partaient aux champs avec leur char et leurs vaches.

Enfin, nous étions rendus chez l’oncle dont on entendait la voix étonnée : « Il y a quelqu’un ? … » Et, sitôt la porte ouverte : « Lève-toi vite Solange, c’est l’Edouard ! ». Grandes embrassades, grands « poutous »2. Solange courait alors jusqu’au magasin Casino, en bas de la descente, pour nous en ramener du saucisson d’Auvergne qui nous semblait bien plus savoureux que celui de Valenciennes.

Bien lestés et reposés, nous prenions alors la direction de Villeneuve avec le bus de la Limagne, après avoir déposé chez l’oncle un paquet de pain d’épices et une livre de café torréfié sur place à Valenciennes. Pour ma famille auvergnate, ces denrées semblaient de qualité bien supérieure à celle de ces mêmes produits qu’on pouvait trouver dans le pays.

Après arrêt au café Tourrette de Vieille-Brioude, puis à Védrines, à Tiveyrat et à La Vialette, nous arrivions enfin à Villeneuve. Le car stoppait devant chez « Pauly », appelé aussi Hôtel de la Poste, où nous débarquions, mon père et moi, sous l’œil surpris de quelques villageois. Poignées de mains échangées, nous entamions la descente de la rue de l’Eglise et escaladions l’escalier de pierre aux marches inégales de mes grands-parents.

Ma grand-mère nous embrassait avec effusion et nous préparait la cuvette en émail, en y faisant couler l’eau préparée de la veille dans le pot en faïence traditionnel.

Quant à ma cousine Mireille qui m’attendait avec impatience, elle sautait d’un pied sur l’autre pendant que ma grand-mère commençait à préparer le repas. Celui-ci débutait généralement par une tranche de jambon de pays, suivi d’un morceau de viande accompagné et clôturé par un quartier de fromage de chèvre et des fruits.

En attendant et après avoir enfilé des tenues légères, nous nous asseyions sur le banc face au grand-père qui avait été nous chercher une bouteille de « greffé » bouchée, vin rosé de pays, fruit de sa vendange personnelle. Une sieste bienvenue achevait de nous remettre des fatigues du voyage.

Vers 16h, ma grand-mère nous quittait pour aller garder les vaches, la « Marounne » et la « Fromende », les emmenant de l’étable située sous la maison jusqu’aux Graves ou à la Pourchonne, deux des près leur appartenant. Nous l’accompagnions, Mireille et moi, pendant que l’Edouard rendait visite à ses parents du village : la grand-mère Roumette, belle-mère de Rosette, ma grand-mère (l’épouse de mon arrière-grand-père paternel étant décédée, et ce dernier, dit le « Grand Bonnet », s’étant remarié avec elle). Puis, Julette Bonnet, boucher de son état, et sa femme Clotilde. Julette était son cousin germain par son père Henri, frère de mon grand-père.

Mireille et moi courions pendant ce temps dans le pré, accompagnés par la chienne Mouchette que nos gambades excitaient.

Vers 18h30, nous repartions à la maison avec les vaches. Celles-ci s’arrêtaient devant l’abreuvoir, face à l’hôtel Pélissier, et il fallait faire attention à ce qu’elles ne se battent pas avec les vaches d’autres paysans, assoiffées qu’elles étaient par la chaleur régnant encore au mois de septembre dans le pays.

C’est ce mois que nous choisissions pour participer à la fête de Villeneuve, le dimanche suivant la fête religieuse de la Nativité.

La Marounne et la Fromende rentrées à l’étable, grand-mère Rosette s’activait à la préparation du souper. Le teint vermillon pour avoir trinqué avec les copains rencontrés, mon père s’asseyait à côté de moi sur le banc de bois, Mireille prenait place en bout de table près de son tonton pour qui elle éprouvait une vive affection, mes grands-parents nous faisant vis-à-vis.

Dès la fin du repas, mon grand-père et ma grand-mère descendaient à l’étable, Rosette munie d’un seau en fer blanc brillant pour la traite, et Jules empoignant sa fourche dans l’étable pour nettoyer la litière et étaler une couche de paille fraîche derrière les vaches. Rosette déposait le seau, puis filtrait le lait à travers un tamis en métal dans une « biche» en terre cuite, c’est-à-dire un pot facilement transportable qu’elle rangeait au frais, dans la souillarde, petite pièce sombre de la maison exposée au nord.

Nous nous attablions ensuite pour une petite veillée où les adultes évoquaient les événements qui s’étaient déroulés pendant l’année dans le village, pendant que Mireille et moi regardions des livres d’images, toujours les mêmes, que l’oncle Paul, frère de mon père, lui avait achetés, celui de Bécassine en particulier …

Vers 10h du soir, chacun gagnait son lit, mon père et moi dans le lit de la seule chambre, Mireille dans un lit en fer au fond de la pièce, et mes grands-parents dans la salle commune où trônait leur lit.

Notre sommeil était agréablement accompagné du bruit de l’Allier, proche de la maison, qui roulait sur les cailloux de la « gravière » qui portait bien son nom.

Autour de 6h du matin, nous étions réveillés par le chant des coqs, le beuglement des vaches et l’agitation dans la pièce d’à côté où se préparait le café dont l’arôme nous arrivait aux narines. Aussitôt levés, ma cousine et moi, nous déjeunions d’un grand bol de lait tiré la veille accompagné de pain de seigle beurré, ou agrémenté d’une couche de confiture confectionnée par la grand-mère que nous appelions Mémé.

Vers 9h30-10h, ma cousine et moi nous l’accompagnions pour garder les vaches, profitant de l’escapade pour cueillir de grosses mûres toutes chaudes de soleil, en prenant garde de ne pas trop tacher nos vêtements, ce qui se serait peut-être soldé par une fessée de poignée d’orties que j’ai d’ailleurs reçue quelques années plus tard lorsqu’avec les galopins du village, nous sommes allés patauger à la rivière et jouer dans la barque du meunier qui était amarrée sous l’église …

Pendant ce temps, Edouard et son père partaient pour la vigne familiale redresser quelques échalas, y attacher des ceps et ramasser des pêches très parfumées tombées au pied des arbres qui bordaient cette vigne.

L’après-midi, en pleine chaleur, mes grands-parents faisaient méridienne, persiennes tirées, comme le faisaient tous les paysans jusqu’aux environs de 4h.

Quand arrivait le samedi, l’animation régnait dans toutes les rues du village, les paysans d’alentour descendant à Villeneuve pour emprunter les deux cars les menant au marché de Brioude. L’un d’entre eux, conduit par Dauphin, remorquait une bétaillère dans laquelle s’entassaient 5 à 6 veaux destinés à la vente. Tout le car résonnait des plaisanteries dites en patois qui faisaient s’esclaffer les femmes.

Du bord du trottoir de « chez l’Henriette » de l’hôtel Pélissier, haut-lieu des activités villageoises, je regardais ces aller-venues ainsi que le chargement des veaux dont les réticences à grimper causaient bien de la peine à leurs propriétaires.

Mon père remettait en état le matériel de pêche avec lequel il allait arpenter les rives de l’Allier, entrant parfois jusqu’à mi-mollet dans la rivière pour pêcher le « gros » (truites, blancs, vandoises …).

En fin d’après-midi, les cars remontaient les paysans du matin, démunis de leurs veaux, mais la trogne bien enluminée. Leur équipe s’engouffrait soit chez l’Henriette, soit chez la Louise (ancien hôtel de la Poste) pour boire encore quelques chopines, échanger quelques grasses plaisanteries, chapeau noir en bataille sur le haut du front, remonté au fur et à mesure des libations de la journée. La vedette de ces groupes était le cousin de mon père, prénommé Julette, toujours le premier pour inventer quelque farce, comme de faire remettre au comte Ludovic de la Rochette un paquet contenant une pie crevée, sensée venir d’Amiens où habitait son fils Maxime, Ludovic de la Rochette se confondant en louanges sur la gentillesse de celui-ci, mais il déchantait en déballant le paquet après que la « gouttelette » offerte par Henriette ait été bue dans la cuisine de laquelle ne bougeait pas cette dernière, allongée sur un bat-flanc que ses ulcères empêchaient de quitter.

Une autre fois, et profitant toujours de l’escale-cuisine du comte, Julette tirait du sac à provisions de celui-ci l’extrémité du chapelet de saucisses qu’il avait achetées chez Biscarra le boucher et le laissait pendre. Lorsque le comte sortait, son sac à l’épaule, sans prêter attention à la farce qui se préparait, une meute de chiens se précipitait vers lui, tentant de happer la saucisse. Des coups de pied à droite à gauche bien appliqués tentaient de les disperser mais en vain. L’un des chiens ayant attrapé la saucisse, et dévidant le chapelet sur la route, la meute se précipitait pour participer au festin, et Ludovic de la Rochette, enfin allégé malgré lui, continuait d’un pied gaillard sa longue route qui le ramenait chez lui. C’est du moins ce qui m’a été raconté …

Le dimanche suivant la Nativité de Notre Dame (fête patronale de Villeneuve) donnait lieu, dès le samedi, à beaucoup d’agitation chez les femmes qui préparaient dans leur cuisine les agapes du lendemain. Car la famille se rassemblait à cette occasion, venant parfois de villages éloignés, pour participer aux festivités, et il y avait beaucoup de convives.

Grand-mère Rosette, comme les autres, s’attaquait à la confection des pâtisseries, tartes, gâteaux de Savoie présentés en pièce montée. Pour le plat de résistance, elle fabriquait des « pâtés gras » composés de hachis de viande de porc bien relevée, et entourés d’une pâte qu’un jaune d’œuf appliqué avant la cuisson rendait dorée et croustillante à souhait.

Il y avait aussi les tripes mises dans une biche en terre cuite qu’elle préparait elle-même et qu’elle descendait l’après-midi chez le boulanger. Celui-ci les enfournait et les laissait mijoter toute la nuit dans un coin de son four pour en concentrer les arômes et les rendre ainsi plus savoureuses …

Les tartes terminées, Rosette déposait sur sa tête un rond de feutre, ou coussinet, sur lequel elle posait en équilibre une grande planche de bois pour les supporter, de même que les gâteaux, qu’elle menait chez Vital le boulanger pour les faire cuire.

Quant à mon grand-père, il saignait pendant ce temps un gros lapin de son élevage dont il recueillait le sang dans un bol contenant un peu de vinaigre, afin d’en éviter la coagulation. Préparé en civet, ce sang conférait à la sauce de la viande toute sa saveur.

Une salade et des fromages du pays accompagnaient ce plat principal, terminé par les pâtisseries de la grand-mère.

Nous étions encore à table le samedi soir quand les cloches de l’église, mises en branle par Mimile, sonnaient à toute volée pour annoncer la fête du lendemain, ce qui nous rendait tout excités et joyeux.

Le dimanche matin, dès 7h, le carillon des cloches s’ébranlait de nouveau, annonçant la grand-messe de 9h, et nous sautions du lit, déjà énervés par la perspective de cette journée mémorable …

Au petit déjeuner nous avions droit à des tranches de cornard, sorte de brioche en couronne ornée de piquants de pâte, que la mémé nous avait ramené de chez Vital en récupérant ses tripes.

Pendant ce temps, mon père et son oncle Jules arrivé de Paris, ainsi que Félix venu de Brioude, dégustaient les tripes en guise de petit déjeuner, arrosées d’une bouteille ou deux de « greffé » que le pépé avait sorties religieusement de dessous sa cuve, à côté de l’étable.

A 9h, les rues du village s’emplissaient d’une foule endimanchée se rendant à la messe. L’église, trop petite pour la circonstance, obligeait une partie des fidèles à suivre la messe derrière la porte ouverte ou sur la place de l’église.

Dès l’ « ite missa est » formulé par l’abbé Bonnet, les enfants de Marie et les enfants de chœur s’activaient pour mettre en place la procession de la Sainte Vierge, entourée d’étendards et d’oriflammes. La procession s’ébranlait alors et remontait la rue de l’église, soutenue par les cantiques jusqu’au calvaire situé à côté de l’hôtel Pélissier, au lieu-dit « la croix des granges ». Un reposoir fleuri y avait été installé par les soins de Madame Marie, la fille de l’Henriette. La statue de la Vierge, portée par quatre hommes du pays, y était déposée et saluée par d’autres chants religieux.

La procession redescendait ensuite jusqu’à l’église et puis se dispersait ensuite, les femmes ayant à compléter leurs courses chez les nombreux commerçants qui exerçaient à l’époque à Villeneuve.

Les hommes s’engouffraient, la mine réjouie, dans les cafés proches où des tables étaient préparées à cette occasion. Le service, renforcé pour la circonstance, avait fort à faire pour satisfaire les hommes assoiffés qui s’y pressaient. Au-dessus du trottoir de l’hôtel, une bâche avait été tendue et des tréteaux installés ainsi que des bancs, pour la consommation le matin, mais aussi l’après-midi pour danser, le bal ayant lieu dans la salle principale. Mon grand-père faisait partie de l’orchestre, jouant du violon, les deux autres personnes jouant de l’accordéon et de la batterie. Entre temps, mon oncle Marius, sa femme et ses trois enfants étaient arrivés à pied de La Redonde, tout heureux de retrouver mon père, et, quant à moi, de revoir mon cousin René et mes cousines Georgette et Lilli.

Dès les 12 coups de midi sonnés par le carillonneur, les cafés se vidaient, chacun ayant hâte de déguster le repas de fête. Dans la maison familiale, les hommes, anciens combattants, échangeaient leurs souvenirs de guerre et les femmes à l’autre bout de la table évoquaient les faits divers se rapportant à leurs enfants et leur exploitation.

Vers 4h de l’après-midi, après un bon café arrosé d’un marc maison, les hommes montaient sur la route envahie par la foule des paysans redescendus des villages et des gens des bourgs proches qui venaient profiter de la fête foraine et des jeux organisés par la municipalité : course en sac, jeu de la biche (pigeon enfermé dans une biche qu’il fallait libérer en la cassant avec un bâton), jeu de la poêle (suspendue à une corde et enduite de suie à l’extérieur où on collait une pièce de 2 francs qu’il fallait attraper avec le nez), course à vélo entre Villeneuve et Brioude, dotée d’un prix en monnaie ou en bouteilles.

Entre temps, après avoir aidé à la vaisselle, mes tantes remontaient aussi sur la route pour essayer de retrouver maris et enfants dans la cohue. Mes cousins et moi alternions sur le manège les tours en vélo, ou sur le dos d’une chèvre, d’un cochon ou d’un petit cheval, pris d’assaut par une ribambelle de gamins, garçons et filles, qui attendaient leur tour en piaffant d’impatience.

Les hommes devaient prouver leur adresse au stand de tir en cassant une assiette, ou une pipe en terre, ou en crevant des petits ballonnets. Les femmes examinaient le travail des forains qui mettaient en valeur leurs tissus, leurs vanneries confectionnées sur place, leur vaisselle, leurs chaussures.

Le soir, autour de 8h-9h, après le repas et la traite des vaches, toute la famille encadrant la mère Rosette repartait chez Henriette et Marie où grand-père Jules jouait du violon. Tout le monde s’installait autour d’une table, et mon père et mes oncles invitaient les femmes à danser la valse ou la polka. L’oncle Félix, spécialiste de la bourrée et de la valse, montait sur une table du bistrot avec Solange où ils se produisaient en spectacle pour la plus grande joie des spectateurs.

Le cousin Julette s’empressait de venir inviter Rosette, sa tante, qui refusait en faisant des mines. Mais nous l’encouragions à accepter et elle finissait par suivre son neveu sur la piste, pour le plus grand plaisir de mon grand-père, juché avec l’orchestre sur la plus grande table du café.

Aux alentours de 10h-10h30, à la nuit tombée, tout le monde refluait vers l’hôtel du Pont. Sur la place, un feu d’artifice était tiré par les pompiers de Villeneuve, faisant l’ébahissement des spectateurs, les enfants en particulier. Il terminait pour eux la journée, et Rosette, accompagnée de Jeanne et Solange, nous ramenait pour nous mettre au lit à la maison, mes cousins de La Redonde couchant dans le foin de la grange du haut.

Tout le monde reprenait sa route le lendemain matin, après le petit déjeuner, et une crise de fou-rire d’avoir vu les oncles, tantes et cousins, descendre de la grange tout « embourraillés », les habits et les cheveux pleins de brins de foin qu’ils n’avaient pas remarqués dans la semi-obscurité de la grange.

La fête terminée, les jours se succédaient suivant le rythme lent et régulier de la vie à la campagne, entrecoupé de promenades à La Redonde où nous étions invités à déjeuner. Ces jours-là, nous devions traverser l’Allier avec la barque de l’oncle Marius et cette perspective nous réjouissait énormément Mireille et moi. Sa femme et lui guettaient le passage du facteur de Saint-Ilpize, qui faisait sa tournée d’une vingtaine de kilomètres à pied, et le chargeaient de prévenir mon père de leur invitation pour un jour donné en semaine.

Le moment venu, nous partions pour La Vialette par la route, et avant le virage de Lomenède, après avoir traversé le village, nous descendions à travers champs jusqu’à la rivière. Mon père sifflait alors, les doigts dans la bouche, pour avertir son frère que nous étions là. Nous voyions arriver celui-ci sur la route d’en face quelques instants plus tard, puis se diriger vers sa barque, la détacher, prendre sa perche et amorcer sa traversée vers l’autre rive.

Nous embarquions, Mireille et moi, tellement excités que l’oncle nous faisait asseoir tout de suite sur l’unique planche qui servait de siège pour que nous ne tombions pas à l’eau. Nous scrutions le fonds de l’Allier, si claire que nous pouvions voir les poissons évoluer parmi les algues.

Arrivés près de La Redonde, mon oncle attachait sa barque au tronc d’un arbre et nous arrivions au moulin où nous attendaient sur les marches du grand escalier de pierre, la tante Jeanne et ses trois enfants.

Sur le perron, des paniers de pommes, poires, prunes et pêches cueillies dans leurs vignes exhalaient un parfum suave et délicieux qui nous faisait succomber à la tentation d’en goûter aussitôt sans attendre le dessert.

Pendant que les grandes personnes entraient dans la salle-à-manger/salle-à-coucher, contigüe à la cuisine, nos cousins nous entraînaient vers le moulin que nous avions plaisir à voir fonctionner, ou au bord du bief où l’eau tombait en cascade pour faire tourner la grande roue, remplacée par la suite par des turbines. Mireille et moi étions étonnés par la masse que représentait le pressoir à pommes constitué par une cuve dans laquelle tournait une énorme pierre cylindrique mue également par l’eau, si mes souvenirs sont bons, ou par une vache tournant à l’extérieur.

La tante nous appelait pour le repas et nous remontions en vitesse, l’appétit aiguisé par nos exercices au bord de l’eau. Les 5 enfants s’installaient au bout de la grande table de ferme, les 3 hommes ensemble, et les femmes à l’autre bout y compris Eugénie, mère de Jeanne, pour servir et desservir les plats. Le repas très animé était surtout composé des produits de la ferme : jambon de pays, saucisses sèches, lapin élevé en cage, etc. … tout cela terminé par une tarte et un pousse-café de marc pour les hommes.

Sitôt le repas terminé, nous repartions au ruisseau coulant sous le pont pour essayer d’y voir des écrevisses. Nous allions aussi cueillir des noisettes et les cassions avec des pierres prélevées sur le bord du ruisseau.

Vers 5h du soir, Marius nous faisait retraverser l’Allier dans sa barque et nous arrivions sans incident sur la terre ferme de l’autre côté de la rivière. A cette heure-là, les paysans rentraient des champs, et mon père et Jules s’arrêtaient pour échanger quelques propos avec eux, mon père ayant été « élevé » jusqu’à l’âge de 19 ans à Villeneuve et les connaissant tous en tant que camarades de classe.

Mon grand-père possédait dans la montagne une parcelle de bois située sur la crête, au-dessus de la cabane à Macadon, au lieu-dit « le Bessadou » qui avait donné son nom à la parcelle.

Une fois dans la semaine, après la visite à La Redonde, nous montions avec les vaches attelées au char chercher le bois coupé par Jules l’année d’avant et qui avait séché sur place. Il s’agissait le plus souvent de quelques pins et d’un ou deux fayards destinés à assurer le chauffage et la cuisine toute l’année, surtout l’hiver. Il n’existait pas encore d’autre moyen de chauffage, butane, propane ou mazout.

Mireille et moi, qui suivions à pied, profitions de l’aubaine pour cueillir les mûres sur les ronciers, en faisant attention de ne pas tacher nos habits pour ne pas nous faire gronder au retour.

Arrivés au bois, le père Jules dételait les vaches du char et les faisait monter à travers bois jusqu’aux arbres abattus. Puis, il attachait une chaîne à l’extrémité du tronc en y pratiquant un nœud coulant et l’autre extrémité au joug qui liait les vaches l’une à l’autre. Il donnait alors à ses bêtes l’ordre de se mettre en route, et de la pointe de l’aiguillon, il piquait légèrement l’épaule des vaches pour accélérer leur marche.

Arrivés au chemin, le tronc était détaché et libéré de sa chaîne. Jules et Edouard soulevaient alors le bois et déposait la plus étroite des extrémités sur le bord arrière du char, puis l’autre, et nous repartions après avoir fait quelque temps la navette entre le chemin et la parcelle.

Au retour, nous descendions le chemin plus large et plus facile de la Tire, ancien chemin romain carrossable malgré sa nature rocheuse.

Nous arrivions à Villeneuve pour nous mettre à table, le char ayant été garé auparavant devant le cuvage, le long du mur de l’enclos de Pélissier.

Dans le courant de l’après-midi, mon grand-père et mon père déchargeaient le bois et le rentrait dans le cuvage.

En soirée, je retrouvais mes copains, notamment le mitron, fils de Vital le boulanger, et nous nous amusions à imiter les bateliers, avec une simple planche posée sur la route, et poussant chacun avec un bâton comme le faisait Marius.

Deux fois par an, les femmes du pays faisaient la grande lessive qu’on appelait « la Besade ». Elles faisaient bouillir les draps dans un grand chaudron en fonte posé sur un trépied, en plein air, soit dans la rue devant leur maison, soit à l’Allier, empruntant pour ce faire un tombereau tiré par les deux vaches et conduit par mon grand-père.

Rosette rajoutait dans l’eau de la lessive deux ou trois pelletées de cendre de bois et des copeaux de savon de Marseille. Le bouillage était entretenu par la Mélanie, lavandière attitrée, aidée par ma grand-mère. Avec un bâton, elle retournait le linge pour qu’il trempe de tous les côtés. Une fois bouilli, Mélanie s’installait à genoux sur un coussin, en bordure de l’Allier, là où il y avait du courant, et commençait à taper énergiquement sur le linge, déroulé dans la rivière au fur et à mesure, puis le rinçait dans l’eau courante et limpide, et l’essorait. Rosette et elle le mettaient alors dans une grande corbeille en osier, puis empoignaient les deux anses et choisissaient un emplacement où les pierres étaient propres, sur la gravière, pour y étaler leur linge. A l’époque, celle-ci n’était constituée que de cailloux et de pierres, sans végétation sauvage comme c’est le cas maintenant.

Les draps étaient maintenus aux quatre coins par une pierre assez lourde pour éviter leur envol en cas de coup de vent.

Pendant ce temps, Mireille et moi fabriquions des petits barrages, jetions des cailloux dans l’eau et gambadions sur les galets sans crainte de nous entailler les pieds.

Rosette invitait la lavandière à déjeuner, et, en fin d’après-midi, accompagnait son mari pour ramasser le linge séché dans la corbeille et fleurant bon le savon de Marseille et l’air pur de Villeneuve.

L’Edouard employait son temps à taquiner et pêcher le « blanc » et autres poissons de l’Allier, ou à faire le tour du village pour y rencontrer ses copains.

A l’époque, les rues du village étaient très animées car il y avait une circulation presque permanente des paysans, les femmes vaquant à leur approvisionnement et les hommes montant et descendant la rue principale, et adjacentes, avec leurs chars et leurs bêtes.

Sauf à l’heure de la « méridienne » où le calme retombait.

Il y avait beaucoup de commerçants à Villeneuve qui accueillaient ses autochtones : quatre épiciers, deux boulangers, deux bouchers, deux cordonniers, deux maréchaux-ferrants, un charron, Ducroc, qui fabriquait lui-même ses chars, deux menuisiers, deux couturières et cinq cafés dont trois qui faisaient restauration en même temps.

Peu à peu, nous nous rapprochions de la fin septembre, et déjà, les hommes du pays commençaient à préparer cuves et bacholes3 dans la perspective des vendanges qui se faisaient suivant la maturité du raisin, variable d’une année à l’autre, fin septembre ou début octobre.

De bonne heure, le jour venu, le vigneron, en l’occurrence le père Jules, réunissait parents et amis et prenait avis des uns et des autres pour savoir par laquelle de ses vignes on attaquait la cueillette. Tous les vendangeurs s‘activaient alors, qui armés d’un couteau, qui armés d’un sécateur, et d’un panier qui pouvait contenir une quarantaine de grappes.

Mon grand-père suivait et s’arrêtait avec son char rempli de six, sept bacholes, et de barres pour les manœuvrer, y compris le pilon qui permettait d’écraser les grappes dans la bachole. Une fois remplies et le raisin pilé, un premier convoi ramenait les bacholes à la cuve dans laquelle le raisin était déversé, et repartait ensuite vers la vigne.

Le lendemain, même cérémonie dans une autre vigne jusqu’à épuisement de la récolte. Quand la cuve était remplie, la fermentation pouvait alors commencer de façon naturelle, et dès le troisième jour, le père Jules se penchait au-dessus de la cuve pour constater le début du bouillonnement, sans s‘attarder à cause du danger d’asphyxie provoquée quelquefois par les vapeurs de la vinification.

Midi et soir, mon grand-père plongeait le chapeau constitué par les peaux remontées à la surface à l’aide d’une fourche à deux dents, afin d’oxyder davantage le liquide vinifié et l’aider à se colorer.

Au bout de sept à huit jours environ, le vin était enfin bon à être tiré par la bonde située en bas de la cuve , et recueilli par une ou plusieurs bacholes auparavant rincées, où on le laissait reposer afin qu’il s’éclaircisse de ses impuretés. C’était ensuite la mise en tonneau, précédée de la dégustation par les uns et les autres, passant dans la rue, à l’aide d’un vieux quart de soldat tout culotté.

Mon grand-père, l’œil inquiet, attendait le verdict du goûteur, lequel était toujours, et dans tous les cas, favorable.

Avec la fin des vendanges arrivait la fin des vacances de l’Edouard et de Marcel, et mon père recommençait à préparer les valises, les emplissant de saucisses sèches, de fromages et d’un litre de marc, qui remplaçaient le café et le pain d’épices de Valenciennes.

Mais l’enthousiasme n’y était plus !

Dans l’après-midi fixé pour le départ, nous faisions la tournée des adieux, car nous ne reviendrions que l’année suivante à la même période. Chacun avait à cœur de trinquer avec mon père, ce qui, au moment de quitter mes grands-parents, lui rendait la séparation moins pénible car il était d’humeur guillerette …

Nous prenions le car aux alentours de 6h du soir qui nous menait jusqu’au bas de la montée St Laurent à Brioude, pour souper avec Félix et Solange avant de reprendre le train de nuit pour Paris.

Vers 21h30, nous nous mettions en route pour la gare, accompagnés de mon oncle, ma tante et ma cousine. Félix poussait son « charret »4, chargé de nos valises, ce qui nous arrangeait bien.

Le train arrivant en gare, c’étaient de grands adieux, de grands « poutous » sur le quai, Mireille pleurant comme une madeleine. Par la vitre du wagon, nous agitions les bras jusqu’à ce qu’ils disparaissent au bout du quai.

Ces vacances passées me laissaient un goût de nostalgie vite estompé, car il fallait chercher des places pour la nuit, de préférence dans un compartiment vide, ce qui nous permettait de nous allonger … Il en fut ainsi pendant une dizaine d’années …

Des années plus tard, à l’âge de 17 ans, je refaisais seul le voyage que me permettait le congé scolaire de l’Ecole Primaire Supérieure de Valenciennes où je prenais des cours du soir. Ma grand-mère maternelle était décédée après de terribles souffrances, et j’en avais été tellement bouleversé et déprimé que j’avais refusé de continuer mes études classiques, à la grande déception de ma mère qui souhaitait pour moi le métier d’instituteur.

Quelques années auparavant, en février 1935, un malheur s’était abattu sur la famille : mon cousin René qui avait 14 ans à l’époque était mort d’une pneumonie, plongeant ses parents et ses deux sœurs dans le plus profond des désespoirs. Je restais donc le seul Bonnet porteur du nom, ce qui me conférait pour plus tard la responsabilité de le continuer.

C’était toujours avec le même plaisir que je reprenais le chemin de Villeneuve, même si ma cousine Mireille, devenue jeune fille, entourée d’amies de son âge, préférait passer désormais ses vacances avec elles à Brioude.

Mes copains, eux, vivant à Villeneuve et dans la commune y prenaient aussi leurs vacances. Ils m’accueillaient avec satisfaction, sachant que nous allions tous ensemble faire quelques bonnes virées en bicyclette. Il y avait toujours le mitron plus les deux Pélissier-Trouillet, Paul Servant, Gilbert Hénard qui constituaient le noyau de la troupe. Nous nous réunissions en soirée, après le dîner, une fois les travaux des champs ou de la boulangerie et de l’hôtel terminés pendant que j’aidais mon grand-père à ses différentes tâches, ou que l’allais pêcher. Nous nous installions sur les pins coupés, alignés devant la boulangerie, ou sur le trottoir de l’hôtel Pélissier où nous bavardions de choses et d’autres.

Le dimanche après-midi, nous partions, toujours en vélo, assister à quelques manifestations sportives ou fêtes dans les communes voisines, ou à Lavoûte pour prendre un verre tout simplement, histoire de changer de décor.

Quelquefois, avec le mitron, Elie, nous organisions une partie de pêche, les autres copains n’étant pas spécialement « mordus » comme nous l’étions nous-mêmes. Nous partions vers les 10h, avec d’un côté la « benelle »5 et de l’autre côté la musette contenant saucisse sèche ou jambon, fromage, quignon de pain et « chopine » de vin. Nous attaquions notre partie de pêche par la gravière, et descendions les rives de l’Allier en « gueyant » de temps à autre pour éviter les accidents du terrain jusqu’à la gravière de la Vialette. Là, nous nous installions à l’ombre pour y « casser la croûte », chacun comparant ses prises à celles du voisin.

Après une pause de 3/4 d’heure où nous renouvelions nos appâts constitués uniquement par des sauterelles, nous continuions vers l’aval, jusqu’à Grandchamp, terme de notre séance de pêche. Là, le mitron et moi descendions à la cave de son père où nous nous rafraîchissions directement au tonneau, ce que j’appréciais à sa juste valeur. Toujours pêchant nous refaisions la route dans le sens inverse, retour marqué par un arrêt à La Redonde, chez Marius, où il fallait absolument trinquer. J’y laissais quelques poissons, blancs ou vandoises, et nous reprenions notre chemin pour Villeneuve en lançant notre ligne de temps à autre, jusqu’à la gravière. La pêche était toujours fructueuse, compte tenu de la quantité de poissons qui peuplait à cette époque la rivière, et du petit nombre de pêcheurs.

Je vidais ma benelle devant mes grands-parents admiratifs. Rosette mettait les poissons au frais dans la souillarde, enveloppés dans un torchon humide. Le lendemain matin, elle en distribuait une partie à Mr et Mme Consoli qui avaient en charge une nombreuse famille ; quant à moi, j’en donnais un plat à Mr de la Rochette qui assistait tous les matins à la messe, et dont le château était envahi à l’époque par ses enfants et petits-enfants. Il en profitait pour s’arrêter chez l’Henriette et y faire ses courses, et c’est souvent là où je le rencontrais.

De temps à autre, j’allais passer une journée à La Redonde pour aider mon oncle Marius à ramasser les gerbes de blé qui étaient dressées en meule à la redonde en attendant la batteuse qui passait seulement fin août, début septembre. Ou nous allions à sa vigne pour raccourcir les pieds afin que les grappes soient davantage nourries par la sève, et enlever quelques feuilles pour que le soleil pénètre davantage dans les ceps.

Arrivait le jour des « battages » à Villeneuve. La préparation se faisait la veille où il fallait aller chercher la batteuse à Saint-Ilpize, lui faire traverser le pont à l’aide de deux attelages de deux vaches chacun, l’un pour tirer la locomobile, l’autre la batteuse elle-même. Cela donnait parfois lieu à des péripéties, certaines vaches refusant d’affronter la traversée du pont, compte tenu du vide et du manque de stabilité de la passerelle. Après maintes tentatives, on devait aveugler la vache récalcitrante à l’aide d’une veste jetée sur les cornes.

Les cultivateurs qui avaient aménagé une aire de battage encadrée par des meules de blé et de seigle, y mettaient en place la locomobile et la batteuse.

Le lendemain matin, au point du jour, le mécanicien mettait en chauffe la machine, et dès qu’elle avait atteint la pression nécessaire, lançait trois coups de sifflet stridents, qui indiquaient que le travail pouvait commencer.

Les propriétaires des meules, aidés par les voisins, occupaient alors différents postes de travail et entamaient les différentes tâches qui leur étaient dévolues. Bientôt un nuage de poussière s’élevait dans les airs, dû à la séparation de la « balle » du grain, de l’épi, assoiffant les gosiers, désaltérés de temps à autre par la « piquette » que les femmes amenaient dans des pichets.

Vers midi, un autre coup de sifflet arrêtait le travail pour le temps du repas. Celui-ci se déroulait sur place, à l’ombre des « paillères »6, puis après une pause d’une demi-heure, souvent agrémentée d’une courte sieste, le travail reprenait jusqu’à ce que toutes les gerbes soient avalées par la machine.

Le lendemain matin, ou parfois le soir, si nous terminions tôt, nous emmenions la machine et la batteuse vers une autre paillère, et les battages recommençaient.

C’était une des dernières fois où je pus venir en Auvergne durant les vacances d’été car mes parents m’avaient fait embaucher dans une usine de constructions mécaniques où je débutais courant octobre en tant que fraiseur raboteur, et la première année, je n’ai pas eu de congés.

1 Les cheveux en bataille, emmêlés

2 Baisers, en auvergnat

3 Récipient de bois ovale de 45l avec deux manchons qui permettent d’y passer deux barres munies d’un anneau pour les soulever

4 Sorte de brouette sans côtés

5 Bouteille d’un ½ litre

6 Meules de blé ou de paille

 

A suivre….

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